Etes-vous un High-Po (Haut potentiel) ?
Catégories:  [Finances, Économie et Affaires] Posté par: Nathalie Vallieres
par tannguy LE DANTEC

Etre High-po, ce n'est donc pas manger à l'Hippopotamus tous les jours ! Mais bien avoir été identifié comme un cadre prometteur. Souvent, le choix des hauts potentiels se fait lors de réunions entre RH, direction générale et cadres dirigeants de l'entreprise.

Les critères de choix sont assez flous…Le diplôme, les premiers résultats au sein du poste actuel, un bon relationnel a

ec le dirigeant en question, entre 25 et 35 ans. Bref, il y a là-dedans un petit coté turfiste. Mais il est certain que tous les dirigeants ont leur poulain. Ne pas avoir le sien, c'est avouer ne pas avoir les meilleurs dans son écurie. Inimaginable !

Evidemment, ce n'est pas très démocratique. Et encore moins transparent. Comme les maris trompés, les concernés sont les derniers informés. Mais bien entendu, lorsqu'ils sont envoyés en formation MBA ou en parcours management long au sein du centre de formation maison, faut pas être Einstein pour comprendre que les affaires se présentent bien.
De même, la direction leur confie des rôles de chefs de projets organisation pour tester, en environnement hostile, leur capacité de survie et de management. Ou leur aptitude à travailler en équipe multiculturelle internationale. Un petit séjour de 2 ou 3 ans minimum à l'étranger est aussi un rite de passage presque obligé.

Si la méthode sur le papier est intéressante, elle a quelques travers. Comme la gestion administrative d'un profil, avec une petite case ‘Hipo' cochée dans l'outil de management des compétences RH. Imaginez donc, une simple erreur de saisie et voilà votre carrière foutue ! Dans les hautes sphères, après tout, vous n'êtes que cette petite croix !
Plus sérieusement, vous êtes le poulain d'un cadre dirigeant. Si le vent tourne, votre mentor saute et vous voilà orphelin. Avec la sale gueule du poulain du dernier viré. Il est fort à parier que votre case Hipo soit alors décochée. Grandeur et décadence…

Sur le même principe, l'effet pervers est d'entretenir le système en interne. On promeut des produits-maison. Si possible à son image (des scientifiques pour les entreprises techniques, des marketings pour des sociétés plus commerciales), et surtout obéissants, soumis. Ils ont tout encaissé sans broncher, avec une vie personnelle au second plan.
Cela crée de grandes attentes. Les Hipo sont prêts à dessouder tout élément venu de l'extérieur (Je ne vais pas laisser ce nouveau venu prendre mon boulot de dans 2 ans !). Ca appauvrit un peu le paysage. A l'heure où les entreprises veulent injecter du sang neuf pour passer la crise…

Sans aucun doute, le vrai Hipo est celui qui utilise le système et apprend beaucoup de ce parcours initiatique : formation, conduite de projet, expatriation. Et dit ensuite M… au système et va récolter ailleurs les fruits investis par son ancienne société.

Ca, oui, c'est du haut potentiel ! Ingrat mais prometteur !

Tannguy LE DANTEC : Formateur/coach de chefs de projets. Auteurs de plusieurs ouvrages dont « Le guide du chef de projet », éditions Maxima 2003 – ou « 40 pièges de management de projet"


http://www.coopil.fr/


Animateur du "Blog du chef de projet" :http://www.coopil.fr/blog-coopil.html

Source: http://www.contenulibre.com/35-ressources_humaines


Nathalie Vallieres